Français 355 et 401           Daniel Maher
La rhétorique et les figures de style

La rhétorique, l'art de bien parler, est aussi l'art de persuader (voir le Petit Robert). Partie intégrale de l'éducation classique, elle sert toujours dans tout discours qui vise à provoquer un effet sur son public (pensez à la politique et à la publicité en particulier). Les figures (selon les critiques, on dit aussi figures de style ou figures de rhétorique) sont des procédés stylistiques destinés à faire passer le message de façon éloquente et persuasive. Olivier Reboul distingue les figures de mots (portant sur la forme ou le son, e.g. rime, allitération, calembours, jeux de mots), les figures de sens (tropes), les figures de construction (inversion) et les figures de pensée (e.g. allégorie, ironie).  (1996, 35-37).
"Les figures de sens, ou tropes, consistent donc à employer un terme avec une signification qu'il n'a pas habituellement, (...)." (Reboul, 1996, 42)
La plupart des critiques distingue trois tropes fondamentaux, la métaphore, la métonymie et la synecdoque. Les définitions suivantes sont adaptées surtout de Reboul. Les autres ressources fournies ont parfois une interprétation un peu différente.

La synecdoque est si proche de la métonymie que certains critiques en font un sous-classement. Elle s'en distingue du fait que les objets ont entre eux un rapport de nécessité: La métaphore est fondée sur une ressemblance entre les termes. Elle constitue une comparaison implicite. Le lien entre les deux termes est beaucoup moins étroit que dans la métonymie ou la synecdoque. Le vocabulaire amoureux classique emploie des métaphores associées à la chaleur telles Ma flamme, brûler, mes feux. On peut souvent insérer une expression telle que "semblable à", "pareil à" ou "comme" sans changer le sens (Ce guerrier est un lion. Cette chanteuse est un rossignol) ou on peut employer seulement le terme figuré - Ce lion, ce rossignol. Lorsqu'une métaphore se prolonge sur plusieurs termes, on parle d'une métaphore filée. Notez la prolongation de la métaphore maritime dans les vers suivants:
Un orage si prompt qui trouble une bonace
D'un naufrage certain nous porte la menace
Je n'en saurais douter, je péris dans le port.
(Chimène, le Cid vv.449-451).
Des autres figures de style  (personnification, antithèse, oxymore, répétition, hyperbole, litote, euphémisme), certaines sont définies dans les petits lexiques à la fin de vos éditions des pièces. On peut aussi consulter un des textes ci-dessous, le Petit Robert ou une des ressources en-ligne.

Références

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  • mise à jour le 21 novembre 2001